lundi 23 juin 2014

Un pont,

Et Albert, et Dejan.

L’un a tribord, l’autre à bâbord

Mais tous à l’eau.

Un pont,

les mêmes mégots.

«On peut pisser sur la tombe de tous ceux qui se sont battus ici,
Serbes ou Albanais, parce que tout ça n’a servi à rien»

Et au centre de la table,

une colline de cendre froide

Mitrovica Kosovska, Kosovo, 2009

mardi 27 mai 2014

SolangeTeParle

Sans doute la femme francophone la plus décalée du web (preuve ici) , on la déteste ou on s'abonne.
Pas de place pour la demi-mesure.
Solange Te parle ne fait pas de sketch, elle n'est sponsorisée par aucun mascara (enfin il me semble), elle ne joue pas à la blonde écervelée,  elle crée un personnage sans s'appuyer sur une histoire, elle me fait marrer tout en touillant où ça fait mal (là un peu), elle montre quand même un peu ses seins et son cul (bein oui ma foi personne n'est parfait, mais je vous mets pas de lien ce coup-ci, vous cherchez vous-même bande de feignasse) et enfin elle philosophe, l'air de rien (ici entre autre). Elle est un ovni, une sorte de performeuse youtube, ou plutôt la précurseuse d'un genre d'humour.
Ouep carrément, ou presque, car il y a forcément toujours quelqu'un avant le premier qui lui même a été devancé, mais ne nous égarons pas.
Ainsi, elle a donné vie à un personnage complètement original. Chose rarissime dans notre monde de pommes c pommes v, où il ne reste à la fin qu'une compote écœurante. Son originalité prend à mon humble avis sa source dans la sienne. Il ne s'agit pas d'inspiration, mais d'être au plus proche de ce qu'elle aurait pu être, ou ce qu'elle pourrait être, où ce qu'elle est dans un monde parallèle. Ce qui ne veut pas dire que le personnage est une copie d'elle-même, pas du tout. Ça serait plutôt, et selon ma propre introspection sur le-dit sujet, une adepte de la spéléologie intérieure. Elle y trouve des trésors par forcément brillants. Oui oui, juste là en dessous, caché sous l'amoncellement de dissimulations et de cautèle. Elle ose mettre en lumière la face très cachée de ses émois. Ça en énerve plus d'un d'ailleurs (voir les commentaires youtube...ouch ça doit faire un peu mal quand même). Face à tant de haine, Psychologie magazine nous dirait que c'est le miroir placé devant leur yeux qui élève leur trouble jusqu'à parsemer leurs commentaire d'injurieux propos. Ne t'en fais pas Solange Te Parle, un bon coup de miroir ne fait jamais de mal, tu n'as donc rien à ne te reprocher. Accroche-toi, être en tête de file ça n'a jamais été une sinécure.


http://solangeteparle.com/





jeudi 8 mai 2014

Résidence artistique, deux ans après

Ce matin encore, avant même d'avoir pris mon petit-déjeuner, j'avais déjà reçu quatre photos via WhatsApp, mon fil d'actualité FB regorgeait d'images et Linkedln m'invitait à trois expositions photo. Nous sommes envahis d'images. À l'excès souvent, jusqu'à l’écœurement parfois. Vous imaginez le dilemme en tant que photographe, rajouter à cet amas, mes propres clichés! Pourquoi? De quel droit? À quoi bon! Adieu veau vache, cochon et couvée!
J'en étais là dans mes angoisses lorsque je tombe sur cette phrase : "Notre époque péfère l'image à la chose, la copie à l'originale, la représentation à la réalité, le paraître à l'être!" Je me suis dit, BINGO!! Ce type a tout compris de nos errances visuelles du 21ème siècle.  
Sauf que cette citation d'un certain Ludwig Feuerbach  date de 1843. Comme quoi je n'étais pas la première à me prendre la tête sur la validité de l'acte photographique. Soulagée, je me rends compte que j'avais simplement oublié que l'humain et l'image sont liés par une indéfectible connivence, et ce depuis l'homme des cavernes (plus loin je sais pas).
Ce qui complique les choses par rapport à l'époque du Daguerréotype (donc bien longtemps après les gribouillages de Lascaux), c'est la démocratisation de la photographie. La technique n'est plus un obstacle et les supports de lecture sont ominprésents. Dans moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, on pourra faire une photo simplement en clignant des yeux et tout un chacun pourra la visionner instantanément sur ses Google Glass.
Cette accessibilité m'est à la fois agaçante et perturbante, mais elle a le mérite de me repousser dans mes retranchements. S'il est devenu aisé de réaliser une bonne image (encore faut-il savoir ce qu'est une bonne image, mais n'ergotons pas là-dessus pour l'instant), c'est toujours aussi difficile de donner de la cohérence à l'entier de son travail. Bref ça reste compliqué de trouver son propre langage, et c'est en ça que la résidence "Im Wedding" à Berlin a été une aide précieuse. Elle offre le temps nécessaire pour trouver (retrouver) son propre jargon artistique.

jeudi 1 mai 2014

vendredi 25 avril 2014

 

Les villes imaginaires d'Iseut Bersier

À ne pas manquer dès le 26 avril et jusqu'au 25 mai, les oeuvres chatoyantes d'Iseut Bersier à la galerie Osmoz. Baignées de lumière ses portraits et ses villes exhortent à éternel printemps.


« Je suis pratiquement née avec de la peinture dans le lait maternelle ! » rigole Iseut Bersier. Fille d'une artiste peintre et d'un père conservateur du musée d'Olten, elle aussi, choisit la voie de l'art. Dans les années 60, elle suit les cours de l'école des Beaux Arts de Berne, puis poursuit ses études durant trois ans à l'Ecole d'Art de la ville de Paris.
Les oeuvres d'Iseut Bersier sont instantanément reconnaissables. Elle a le trait généreux, tout autant que sa palette. Des couleurs, des formes naïve et des lignes claires pour des corps qui semblent libres. Il y a aussi dans son travail, une nécessité de peintre quasi tangible. Elle croque le printemps, « je deviens presque euphorique tellement c'est beau dehors », et le traduit dans une série visible dès aujourd'hui à la galerie bulloise, Osmoz.
Depuis le début de l'année l'artiste peintre est particulièrement productive. C'est donc des toiles inédites qui sont à l'honneur de cette exposition. Toujours dans le style et la signature colorés de l'artiste, ses huiles resplendissent de joie. Mais pas seulement.
Iseut Bersier possède une qualité signifiante, celle, et c'est un tour de force, de nous plonger à la fois dans la gaité et dans une douce tristesse. On passe de Rossini à Debussy en un tour de bras. C'est d'ailleurs de ce dernier dont elle s'inspire pour nommer l' aquarelle  « La ville engloutie », clin d'oeil à « La cathédrale engloutie », prélude de Debussy. Ses formes naïves oranges, vertes, bleues, jaunes ou blanches nous emmènent dans un univers d'une idyllique beauté. Elle avoue être parfois très attristée par ce que l'homme fait subir à nos paysages, et c'est sans doute pour cette raison qu'elle figure une utopie, loin de la réalité de notre monde.




Voyages irréels
Iseut Bersier peint des villes imaginaires, garantes de ses états d'âme. « Je n'ai pas besoin de prendre l'avion, je voyage dans ma tête ». L'Afrique du nord ou la Grèce par moment, semblent habiter son esprit. Elle transcrit les reflets lumineux de ces latitudes avec par touches, quelques décors graphiques ; une balustrade, un drapé, le tronc d'un palmier. Suffisamment d'indices pour nous mettre sur la piste d'une ambiance, mais pas assez pour que sa peinture soit totalement figurative. Il s'agit de laisser de la place pour la poésie de chacun. De l'espace via le blanc. Elle ajoute ou laisse des surfaces vierges qui soutiennent l'ensemble de sa peinture dans un rythme trahissant sa passion de la musique. Un jeu de funambule pour atteindre l'équilibre des variations de teintes.
La féminité à l'honneur
Il y a ces femmes et leurs regards verts pâles, leur morphologie à la fois disproportionnée et parfaitement juste qui posent lascivement. Des femmes solides, pensives, dont le regard se perd au-delà du cadre. Un hymne à la force féminine. Leur peau, rosée par endroit, cache une émotion interne presque palpable. « J'aime travailler à l'huile car c'est une matière sensuelle » explique-t-elle. Elle renforce par ce biais technique le pouvoir de ses nus. L'huile permet aussi de proposer des couleurs vives sans quelles ne soient jamais agressives.
Poussant son travail de recherche toujours plus loin, elle clôt l'exposition avec trois peinture abstraites. Sur chacune d'entres elles, un rectangle, comme une porte vers un ailleurs.
A découvrir du 26 avril (vernissage dès 17h) au 25 mai. Ouvert : jeudi, samedi et dimanche de 14h à 18h, galerie Osmoz, Bulle